» comprendre l’impact des médias et la dépendance à l’information «
L’exposition excessive aux médias d’actualité peut entretenir et aggraver les troubles anxieux, et chez certaines personnes prendre la forme d’un véritable rapport compulsif à l’information.
Au départ…

Guerres, catastrophes naturelles, crises économiques, pandémies… Nous sommes bombardés d’images et de nouvelles inquiétantes à longueur de journée. Pour beaucoup, s’informer est devenu un réflexe quasi permanent, au point d’augmenter l’anxiété, de perturber le sommeil et parfois de se transformer en véritable dépendance à l’actualité.
- Pourquoi les médias d’information alimentent l’anxiété ?
° Les médias privilégient les contenus négatifs, choquants, menaçants, car ils captent mieux l’attention et augmentent le temps passé devant l’écran.
° Être exposé en continu à ces nouvelles entretient un sentiment de danger permanent, d’imprévisibilité et d’insécurité, ce qui active les systèmes de stress de façon répétée.
° Le cerveau a tendance à surveiller les menaces potentielles (biais de négativité) : plus on consomme de mauvaises nouvelles, plus on voit le monde
comme dangereux et incontrôlable. - Troubles anxieux et exposition excessive aux nouvelles
° Des études montrent que les personnes ayant une consommation problématique de nouvelles présentent plus de stress, d’anxiété, de
ruminations et de troubles du sommeil que les autres.
° L’exposition répétée à des nouvelles négatives peut renforcer l’hypervigilance, les anticipations catastrophiques, la peur de l’avenir et des symptômes
proches des troubles anxieux et dépressifs.
° Sur le plan corporel, on observe souvent : tensions musculaires, fatigue, difficultés de concentration, troubles digestifs, signes d’un système de stress sur-sollicité.
Etes-vous concernés ?
° « Après avoir regardé les infos, estce que je me sens plus calme ou plus tendu(e) ? »
° « Mon sommeil ou mon humeur ontils changé depuis que je consulte
davantage l’actualité ? » - Quand s’informer devient une dépendance à l’actualité
° La recherche parle de « problematic news consumption » ou de « news addiction » pour désigner une relation à l’actualité marquée par une perte de contrôle, une interférence avec le travail, le sommeil ou la vie sociale, et la poursuite du comportement malgré ses effets négatifs.
° Le « doomscrolling » décrit le fait de faire défiler sans fin des flux de mauvaises nouvelles, souvent le soir ou la nuit, en se promettant d’arrêter sans y parvenir.
° Certaines études montrent que ce type d’usage compulsif est associé à une détresse psychologique plus élevée, une baisse du bienêtre, de la satisfaction de vie et un sentiment accru de désespoir.
Signes d’alerte :
° Besoin de vérifier les infos plusieurs fois par heure, difficulté à « décrocher ».
° Consultation de l’actualité jusque tard dans la nuit, au détriment du sommeil.
° Conversations centrées quasi exclusivement sur les nouvelles inquiétantes,
sentiment d’épuisement émotionnel. - Facteurs de vulnérabilité psychologiques
° Les personnes présentant une forte intolérance à l’incertitude, un niveau d’anxiété élevé ou une tendance à la rumination sont plus vulnérables à un usage problématique de l’actualité.
° La peur de manquer une information importante (FOMO) et certains traits de personnalité (comme une tendance à l’inquiétude chronique) sont liés au doomscrolling et à une utilisation addictive des réseaux.
° Dans les périodes de crise, la recherche d’information devient une stratégie de gestion de la peur : s’informer donne l’illusion de reprendre le contrôle… mais au-delà d’un certain seuil, cette stratégie augmente l’anxiété au lieu de la diminuer. - Reprendre la main : pistes concrètes et approche mindfulness
° Clarifier son intention : se demander « Pourquoi je consulte les nouvelles maintenant ? Estce utile pour moi, ou estce juste automatique ou anxieux ? ».
° Mettre des limites temporelles : choisir 1 à 2 moments précis dans la journée pour s’informer (par exemple 20–30 minutes), en évitant les premières et dernières heures de la journée.
° Sélectionner ses sources : privilégier quelques médias fiables plutôt que de multiplier les flux, chaînes en continu et vidéos sensationnalistes.
° Prendre soin du corps : après un temps d’actualité, pratiquer une marche, quelques minutes de respiration consciente ou un scan corporel pour aider le système nerveux à revenir à un niveau d’activation plus stable.
° Travailler la tolérance à l’incertitude : en thérapie, il est possible de développer la capacité à « faire de la place » à l’inconfort de ne pas tout savoir, grâce à des outils issus des TCC et de l’ACT (exposition à l’incertitude,
défusion cognitive, travail sur les valeurs).
° Cultiver une attention pleine et intentionnelle : la méditation de pleine conscience aide à repérer le moment où l’on bascule dans le défilement automatique, à revenir aux sensations du corps et à choisir avec plus de
liberté la suite de l’action.
Observer votre propre relation à l’actualité sur quelques jours, avec curiosité plutôt que jugement ! Un accompagnement psychologique peut être utile lorsqu’il y a souffrance, perte de contrôle ou impact notable sur la vie quotidienne. On en parle ?



